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Hans Richter, Fugue d'un film absolu, 1926
Présentation et projection par Patrice Chaminade (enseignant en typographie).
Dada et cinéma ? L'association peut étonner de prime abord, ce mouvement artistique n'étant guère connu pour sa production filmique. Pourtant, à mieux y songer, l'idée de cinéma est constamment en germe dans l'œuvre de Dada, que ce soit dans le dynamisme des compositions plastiques – qui semblent a tout moment vouloir s'animer sous nos yeux – ou dans les nombreuses expérimentations autour du medium photographique, ou encore par un goût prononcé pour la performance, l'action en temps réel.
S'il est vrai que peu de dadaïstes sont parvenus à s'approprier effectivement ce média, alors difficile d'accès techniquement parlant, les quelques œuvres ayant vu le jour méritent toute notre attention par leurs qualités formelles et surtout par leur refus commun de la logique narrative, voire leur volonté de déconstruction de l'idée même de « sujet », bien dans la lignée innovatrice et provocatrice de Dada, qui engendre là un cinéma pionnier promis à une descendance pléthorique.
Après une présentation des premières expérimentations séquentielles de Hans Richter et Viking Eggeling et un rapide tour d'horizon de leurs possibles influences, nous découvrirons les productions respectives de ces deux artistes, d'inspiration constructiviste, puis les visions absurdes et poétiques d'un Man Ray déjà très surréaliste, ainsi qu'un film moins connu de Hans Richter, qui viendra rappeler l'importance de la critique sociale dans les débuts de Dada, palpable dans les collages de John Heartfield par exemple. Nous évoquerons également au passage quelques projets de films de plusieurs contemporains, restés à l'état d'esquisses.
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